JOUISSANCES, du sein au meurtre

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C’est avec le plus grand plaisir que j’accueille dans la collection « Clinique psychanalytique et Institutions » que je dirige la parution, début juin 2014, du livre de Joseph Gazengel qui a pour titre : « JOUISSANCES, du sein au meurtre ».

La thèse générale de l’auteur est que les malades en réanimation vivent une expérience peut-être comparable à celle que vivent ceux qui ont été déshumanisés le temps où ils ont été retenus dans les camps de concentration nazis. En effet, à l’hôpital comme dans les camps d’extermination toute la vie du groupe est organisée/conditionnée sans laisser de place à l’expression de la singularité. La vie de chaque instant lors d’une hospitalisation est aussi à la merci des décisions du Sujet supposé savoir qui peut bien se trouver perçu comme incompréhensible ou absurde. Dans les deux configurations en tout cas, les individus ont régressé au temps pré-historique où ils étaient nourrissons appendus au bon vouloir de l’Autre jusqu’à en être esclave. D’ailleurs, les enfants ne jouent-ils pas à se menacer de mort et à se tuer ? L’auteur se fonde sur son expérience pendant vingt-huit ans en qualité neurologue dans le service de neurochirurgie et dans l’unité de réanimation neurochirurgicale de la Salpêtrière tandis que son intérêt pour la souffrance psychique des malades hospitalisés et de leurs soignants s’est nourri de son activité de psychanalyste dans un autre lieu.

Gazengel s’est promené dans les livres comme on visite des amis, avec une bienveillante curiosité. Parti des textes (Gradowski et Béardt) qui, sans ciller, portent le regard jusqu’au centre de gravité du XX ème siècle, soit la folie nazi, la folie des hommes. Qui sont-ils ces meurtriers ? Il s’agit d’hommes près de la quarantaine très ordinaires, souvent pères de famille et réservistes, mal formés sur le plan militaire et, à en juger par la proportion d’inscrits au parti, guère plus nazi que la moyenne de la population allemande. Ceux qui avaient choisi de devenir assassins n’agiront point ensuite sous la contrainte ni la menace. « Le premier soir ça leur a un peu coupé l’appétit, ils ont dû forcer un peu sur le schnaps, mais le médecin de bataillon note que personne n’est tombé malade ». Gazengel s’intéresse à des personnages qui l’éclairent, telle Germaine Tillion, rescapée elle-même des camps de la mort, Camus et ses étrangers (comment les identifier ? Comment ne pas le repousser ?), à des auteurs qui ont tenté de décrypter cette problématique (Orwell, Gary…) et même aux tribulations d’un vénitien toujours actuel (Othello). Il entend se mettre à l’écoute des auteurs obstinés dans leur tâche d’écriture pour éviter de finir cloué au désir du premier Autre sur la scène extérieure. « Oui, ça change quelque chose que nous nous penchions sur l’histoire de la Shoah », scande-t-il, que nous nous permettions de mettre des mots sur ce qui autrement resterait dans le champ de l’impensable. Ces êtres de chair ou de fiction nous disent la façon dont les humains sont habités d’élans contraires, de haine et d’amour, d’éclatante générosité et d’appétits de jouissance. Cette sorte de jouissance détruit l’humanité car elle est la conséquence de la chute brutale de tension d’une énergie pulsionnelle libre, appartenant au fonctionnement primaire, qui n’est pas cadré par la Loi et les interdits dont les mots sont pétris. Cette jouissance sans nom est à distinguer du plaisir qui a au moins un pied dans les processus secondaires car confronté au langage vecteur de la Loi et des interdits. Cette jouissance du meurtre produit de terribles ravages y compris chez ceux qui, bien plus nombreux, jouissent en silence d’en être spectateur passif.

Nous sommes tous candidats à être meurtriers pour jouir de l’assassinat de notre voisin. La force des pulsions qui nous conduiraient à écraser l’autre vulnérable malade ou étranger, n’est contrecarré que par la rigueur des interdits qui s’y opposent vaille que vaille. Gazengel est à l’écoute, oreilles et yeux grands ouverts, à l’écoute du monde et de son monde, de la petite et de la grande histoire. Il fait entrer en résonance ce qu’il avait appris dans le service de réanimation à ses dépens et la tentative d’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, événement majeur du vingtième siècle. En effet, sauver la vie et donner la mort peuvent être proches. D’ailleurs, aujourd’hui, le néologisme « bientraitance » n’est qu’un prétexte pour aborder la maltraitance que le personnel soignant, médecins et infirmiers, inflige non rarement aux malades. Il y a pourtant, c’est vrai, un hiatus entre le camp nazi et l’hôpital. Le camp est usine à tuer, l’hôpital est usine à soigner et parfois de surcroît à guérir ! Ces pages où sont évoquées des choses terribles, on pourra les lire, nous assure-t-il, sans se sentir sali car l’auteur n’y montre ni complaisance, ni cynisme. Ce livre s’adresse donc aux psychanalystes qui travaillent à l’hôpital et qui s’intéressent à la façon dont notre société tente de se déterminer quant à la mort et au meurtre altruiste (l’euthanasie) pour se débarrasser d’un lot de malades coûteux sur « la trace de cendre et de sang que le nazisme a laissée sur le monde». Son travail est un fervent plaidoyer en faveur de ce qui nous fait humains et nous permet de le demeurer dans la réciprocité d’une reconnaissance mutuelle. C’est la rencontre avec d’autres hommes qui fonde notre propre humanité en reconnaissant celle de l’autre. C’est la raison pour laquelle Gazengel croit fermement qu’il faut introduire en réa une présence tierce dont l’instrument de pensée est la psychanalyse mais qui n’a rien à décider contrairement aux médecins et aux infirmières, ces dernières étant en prise directe avec les corps souffrants. Ce psychanalyste en institution, pas tout à fait dans l’équipe mais tout près, juste au bord, pourra penser la souffrance de chacun (malade, médecins, soignants) afin de mettre en jeu leur capacité de traduction pour réanimer le langage dans ce lieu voué à l’action. La répétition mortifère est soluble dans les mots.

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Joseph Gazengel a déjà été publié en 2002 chez l’Harmattan « La vie en Réanimation – Lazare ou le prix à payer » dans la collection : « Psychanalyse et civilisation ».

Stress et « psy »

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Bien que psychanalyste, je suis convié, par les cardiologues de la Charente-Maritime, à m’associer à leur réflexion pour promouvoir les bienfaits de l’activité physique tout particulièrement quant à la gestion du stress… Il est bien vrai que de nos jours nous voyons des adultes jeunes et moins jeunes courir le long de notre littoral et ailleurs, certains sont sportifs mais pas tous, loin s’en faut, il y en a même qui sont en surpoids, qu’importe. Ce phénomène qui n’existait pas il y a une vingtaine d’année est-il un effet de mode ou une nouvelle hygiène de vie ? Nous ne pouvons que nous féliciter de voir l’activité physique mise à sa bonne place et il est certain qu’elle contribue, par exemple, à équilibrer une tension artérielle un peu élevée mais l’activité physique est-elle pour autant le remède face à des situations réputées stressantes pour que se dissipe une jouissance paradoxalement en excès ? Comme le terme même de « stress » n’existe pas dans le champ de l’épistémologie psychanalytique examinons cet anglicisme à la lumière du Petit Robert. Le stress répondrait d’une part, à « une tension nerveuse » provoquée par un agent physique ou psychologique avec réaction de l’organisme et, d’autre part, à « une situation traumatisante pour l’individu ».

I- Examen de la soi-disant « tension nerveuse »…

Dans le prolongement de la médecine avec l’étude des signes cliniques qu’on appelle la sémiologie, la psychiatrie et la psychologie explorent le stress comme signe d’un dysfonctionnement de la « tension nerveuse » dont la tête de l’iceberg est saisie sur un plan comportementale. Le fourvoiement de cette démarche clinique comportementale est qu’elle tourne le dos à ce qui fait la singularité de l’être humain. Le stress ne serait-il qu’un rejeton de l’imaginaire en raison d’une « tension nerveuse » à la manière de l’hystérique qui fait parfois étalage d’une paralysie purement fantaisiste (en « chaussette » ou en « gant ») se départissant de l’innervation effective des muscles sur le plan anatomique ?
Effectuons un zoom pour régler notre objectif sur la position subjective et intersubjective du Sujet dans son environnement. Freud découvre que : « L’homme n’est pas maître chez lui ». Pour provocante que soit cette formule – elle l’est assurément – elle a l’audace de poser les bases du décentrement copernicien à l’échelon de l’individu – c’est-à-dire d’une entité réputée indivisible. En effet, le Sujet est divisé d’avec lui-même par l’inconscient de sorte qu’il ne sait pas totalement ce qu’il dit et il en dit plus qu’il ne le pense. Sont distingués des instances psychiques qui ne renvoient absolument pas à une localisation cérébrale – rien de semblable, par exemple, à l’homoncule de Penfield qui repère des aires cérébrales répondant point par point à une stimulation nerveuse périphérique précise – mais à des topiques : le ça, le moi et le surmoi, en référence à des souvenirs fort anciens qui n’ont pas directement accès à une mémoire évocable.
Le stress est l’indice d’une jouissance en trop alors que la personne stressée d’ordinaire s’en plaint – sauf en quelques occasions lorsque la décharge d’adrénaline est nécessaire au Sujet jeune pour se dépasser, je pense aux sportifs avant qu’ils ne disputent une compétition, aux étudiants avant un examen ou un concours, au trac des acteurs du spectacle vivant, etc. Alors que dans le langage courant le terme jouir renvoie d’abord à la jouissance sexuelle qui a partie liée avec le plaisir, ce même terme dans le champ psychanalytique va « Au-delà du plaisir » pour la raison qu’elle est envahissante faute d’une castration suffisamment opérante à ce moment-là. Le Sujet en convient, il pâti de stresser mais « c’est plus fort que lui ». J.B. Bossuet dans une formule ramassée dans l’un de ses très nombreux Sermons dit à ce propos : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes ». La preuve de cette surprenante constatation nous est régulièrement apportée par l’attitude de tout patient face à la guérison d’un symptôme psychique. En effet, tandis que d’ordinaire il implore haut et fort la guérison dans le même mouvement il résiste à tout changement en raison de l’aspect économique du symptôme qui représente le meilleur compromis entre des motions pulsionnelles inconscientes conflictuelles. Que le Sujet tienne à son symptôme plus qu’à lui-même invalide l’espoir d’une possible exérèse du symptôme comportemental étiqueté stress.

II- Examen de la soi-disant « situation traumatisante pour l’individu »…

Le traumatisme est un concept fort ancien présent dès les origines de la pensée médico-chirurgicale. Se dégage du traumatisme physique, conçu comme « percement » de la surface du corps, la notion d’un choc violent produisant une effraction voire rupture de l’enveloppe protectrice et retentissement sur tout l’organisme. Le concept de traumatisme psychique s’est élaboré par translation des différents ingrédients du trauma physique mais passer d’un trauma à l’autre sans précaution pose question.
Charcot, neurologue à la Salpêtrière au milieu du XIXème siècle, avait remarqué que la conversion hystérique apparaissait bien aussi à la suite d’un choc psychique mais il constatait dans ce cas un temps de latence entre le trauma et le retentissement psychique qui lui laissait à penser que c’était plus compliqué qu’une séquence causale linéaire suivant la modélisation médicale. Un accident n’est pas traumatique en lui-même – n’en déplaise à la philosophie humanitaire qui a présidé à l’essor des Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques (les CUMP) qui se précipitent dès lors qu’elles ont connaissance d’une catastrophe (ferroviaire, sur la voie publique, etc.). L’accident n’est traumatique que si et seulement s’il ranime un « souvenir » antérieur « oublié ». Ce clivage entre le non-oublié et l’oubli est d’importance puisque c’est justement la marque du « traumatisme psychique ». Cela signifie qu’un accident devient traumatique non pas de par la situation objective dont il relève mais en tant qu’il réveille une potentialité traumatique contemporaine de l’infantile, soit le retour dans l’actualité d’une situation anachronique car homothétique à une expérience originaire. Dès lors, ce qui était pris comme accident pivote en événement prenant en compte la temporalité dans la construction du psychisme et de l’inconscient. Telle est la perturbation structurelle du temps linéaire, objectif, par le temps cyclique, subjectif, qu’introduit l’irruption traumatique.

La clinique psychanalytique au plus près du discours ambiant peut sauver le terme de stress si derrière cet anglicisme, passe partout, l’éthique du « psy » le conduit à écouter l’histoire de ce Sujet stressé singulier pris dans les raies de ses embrouilles familiales remontant au noyau infantile dans la construction de sa personnalité. Nonobstant, la psychanalyse réfute la « tension nerveuse » car les nerfs n’y sont pour rien dans cette affaire ; nous avons vu en revanche que la psychanalyse distingue des topiques : le conscient, le préconscient et l’inconscient. Cet inconscient n’est pas hors d’atteinte par l’analyse des rêves, des lapsus, des mots d’esprit, etc. à partir du transfert dans la cure – ce qui ne veut pas dire, pour autant, que tout l’inconscient puisse un jour venir à jour. Il y a une transversalité de l’inconscient qui permet justement d’en prendre conscience une fois la barrière du préconscient franchie. Pour faire image, quels que soient les progrès de la science, ils n’aboutiront jamais à une connaissance pleine et entière qui invaliderait tous nouveaux développements scientifiques. La psychanalyse réfute, également, une « situation traumatisante » lorsque celle-ci s’inscrit dans la perspective d’une causalité linéaire car, en raison justement de l’inconscient – qui est une donnée spécifique du Sujet le séparant radicalement du règne animal – la causalité psychique implique de prendre en compte l’effet d’après coup. Tels sont les enjeux de la praxis analytique. Le stress comme tout symptôme parle, il dit quelque chose qui est à entendre autrement à condition de mettre à jour la dynamique inconsciente qui est à l’origine de l’anxiété et du doute qui en est l’arc-boutant, voire de l’angoisse lorsque le fantasme n’assure plus ses missions et que le Sujet se retrouve nez-à-nez devant une horreur indicible.

Conférence sur l’adolescence à la librairie Mollat

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Voici la conférence datée du 9 janvier 2014 à la librairie Mollat (Bordeaux) autour de mes deux derniers livres sur la question de l’adolescence. Je souhaite remercier vivement Serge Bédère, docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse, pour en avoir assuré la modération.

Achetez le Tome I : L’ère de famille

Achetez le Tome II : Figures de souffrance

Période d’adolescence – L’ère de famille – Figures de souffrance

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Collection Clinique psychanalytique et Institutions

Dirigée par Stéphane Lelong

 Aujourd’hui, la question d’une clinique psychanalytique populaire est le défi que doivent relever tous les soignants et intervenants confrontés à la souffrance, la crise voire la détresse du Sujet. Qu’est-ce que ces professionnels demandent au psychanalyste ? De quelle manière l’épistémologie psychanalytique s’articule dans les institutions avec les autres champs que sont : le soin, l’éducatif et la pédagogie ? Quel est le désir du psychanalyste pour la pluralité des transferts institutionnels ? Sans être des praticiens qui accompagnent des « cures » à l’écart de l’équipe, ces cliniciens chercheurs se risquent à inventer en temps réel un compagnonnage pour pointer, au moment venu, la répétition d’événements de vie dans un cadre spécifique qui convient pour contenir d’éventuels débordements. Tels sont les enjeux de cette praxis qui cisèle, au balcon de l’humanité, un « style » singulier régulièrement à remettre sur le métier. Voilà l’originalité de la question qui fait débat pour les auteurs dans cette collection.

 

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Stéphane Lelong, mène une recherche sur la « Période d’adolescence ». Il s’interroge sur les adolescents d’aujourd’hui ; sont-ils différents de ceux d’hier ? Dans la très grande majorité des cas, lorsqu’il n’y a pas de difficultés particulières, cette période reste assez silencieuse et le clinicien n’y aura pas accès. Il lui faudra donc en passer par les expressions de détresse d’une minorité de jeunes pour pressentir la spécificité des processus psychiques liés à cette métamorphose physique et psychique.

Le Tome I, « L’ère de famille », examine ce qui caractérise la position sexuelle de l’adolescent. La question du sexe surgit comme un coup de tonnerre dans le ciel de l’adolescence, pas nécessairement serein, à la suite de la période dite de latence. En effet, le premier des désirs de « l’ado » est de fantasmer faire l’amour. La génération « soixante-huitarde » permet-elle à la jeune génération de se trouver au plus près de ses aspirations fantasmatiques en matière de rapport sexuel ? La permissivité du « sexe décomplexé » prônée par les aînés aboutit-elle à une jouissance sans entrave pour les adolescents ? Plus généralement, peut-il exister une sexualité sans interdit ?

Le Tome 2, « Figures de souffrance », témoigne que même si des symptômes semblent affecter des jeunes de manière identique, il convient de saisir la singularité de l’histoire de cet adolescent-là au sein de sa propre trajectoire à la lumière des embrouilles de sa famille afin d’avoir certaines clés pour penser la « crise d’adolescence ». C’est un lieu commun que de dénoncer la violence des adolescents comme conséquence de la défaillance du « rôle » du père. Ces jeunes paraissent pris en tenailles entre des idéaux hors de portée vécus comme insaisissables et l’attrait d’une jouissance à portée de main que résume par la formule: « tout, tout de suite ». Le déclin du patriarcat n’équivaut pas au déclin du Père quant à sa « fonction » dans la structure du Sujet. N’importe qui peut servir de Nom-du-Père, homme ou femme, car c’est une convention de discours pour décrire une forme logique qui traverse le cas par cas.

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Achetez le Tome II : Figures de souffrance

Stéphane Lelong est Psychologue, Psychanalyste à Vaux-sur-Mer. Pédopsychiatre et Psychiatre honoraire, ancien chef de service des Hôpitaux, il est docteur en Psychologie et docteur en psychanalyse. Il a cosigné, en qualité de chercheur au laboratoire de psychanalyse de Paris VII : « Trauma et devenir psychique », paru aux Presses Universitaires de France, (PUF) en 1995. Depuis, Membre du Groupe de Recherche Analyse et Médecine (GRAM), il est auteur de cinq ouvrages parus aux éditions l’Harmattan, Paris : « Fantasme maternel et folie » en 1998, « Un psychanalyste dans le secteur psychiatrique, sur le fil » en 2005, « L’inceste en question, secret et signalement » en 2009 et, en 2013, il a publié dans la collection : « Clinique psychanalytique et Institutions », dont il assure la direction chez l’Harmattan Paris, « Période d’adolescence, Tome I, L’ère de famille » et « Période d’adolescence, Tome II, Figures de souffrance ».

L’INCESTE en QUESTION – Secret et Signalement

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Stéphane Lelong propose une lecture de « l’abus sexuel primordial » comme condition d’apparition de la sexualité humaine.

La conflictualité de la vie psychique et son irréductibilité à tout dessein linéaire procédant d’un passé infantile qui se reproduirait directement font qu’un enfant abusé ne deviendra pas nécessairement abuseur à brève échéance ou de manière différée. A contrario, tout couple parental incestueux a une histoire douloureuse marquée par une forme de maltraitance.

Aussi l’enfant qui fait signe du côté de l’inceste dit une vérité impossible à extraire du cadre qui en a permis l’émergence. La dimension subjective de tels récits, recueillis lors d’un travail psychothérapique, ne peut suffire au magistrat pour établir la manifestation de la vérité qui ne repose que sur des preuves objectives. La question à laquelle est alors confrontée une équipe soignante est celle de savoir quand et comment provoquer un signalement si un passage à l’acte est subodoré. Surprendre les dynasties incestueuses implique d’adopter un point de vue transdisciplinaire.

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Stéphane Lelong est Psychologue, Psychanalyste à Vaux-sur-Mer. Pédopsychiatre et Psychiatre honoraire, ancien chef de service des Hôpitaux, il est docteur en Psychologie et docteur en psychanalyse. Il a cosigné, en qualité de chercheur au laboratoire de psychanalyse de Paris VII : « Trauma et devenir psychique », paru aux Presses Universitaires de France, (PUF) en 1995. Depuis, Membre du Groupe de Recherche Analyse et Médecine (GRAM), il est auteur de cinq ouvrages parus aux éditions l’Harmattan, Paris : « Fantasme maternel et folie » en 1998, « Un psychanalyste dans le secteur psychiatrique, sur le fil » en 2005, « L’inceste en question, secret et signalement » en 2009 et, en 2013, il a publié dans la collection : « Clinique psychanalytique et Institutions », dont il assure la direction chez l’Harmattan Paris, « Période d’adolescence, Tome I, L’ère de famille » et « Période d’adolescence, Tome II, Figures de souffrance ».

Un Psychanalyste dans le secteur psychiatrique – sur le fil

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Un psychanalyste dans le Secteur psychiatrique (de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte) est un pari qui semble aller à contre-courant de la modernité. La nécessité s’est donc imposée à l’auteur de témoigner de manière précise de sa position de psychanalyste fort atypique dans ce milieu hospitalier. En effet, en respectant le cadre et la formation initiale des soignants, avec l’assurance toujours fragile conférée par les fonctions de chef de service et de pôle, Stéphane Lelong s’est risqué « du dedans » à rester Sur le fil psychanalytique.

Cette praxis en train de naître ne saurait être dans le prolongement ni des psychanalystes qui instituaient des cures dans un bureau calfeutré à l’HP, ni des psychanalystes « sans divan » qui se proposaient d’intervenir auprès de l’équipe pour soigner l’institution. Le caractère foncièrement novateur de cette pratique hospitalière d’analyste est de se saisir de tous les accidents pour les repenser en réunion de travail dans leur dimension événementielle prenant en compte l’articulation du symptôme dans la structure du Sujet-patient, de sa famille ou de l’un des parents. Les éléments apportés lors des premières rencontres seront, après coup, repérés et pointés dans le déroulement de la thérapie (individuelle ou groupale) qui prend appui sur le désir singulier de thérapeutes en mesure de maintenir ouvert un espace pour penser chez tous les protagonistes.

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Stéphane Lelong est Psychologue, Psychanalyste à Vaux-sur-Mer. Pédopsychiatre et Psychiatre honoraire, ancien chef de service des Hôpitaux, il est docteur en Psychologie et docteur en psychanalyse. Il a cosigné, en qualité de chercheur au laboratoire de psychanalyse de Paris VII : « Trauma et devenir psychique », paru aux Presses Universitaires de France, (PUF) en 1995. Depuis, Membre du Groupe de Recherche Analyse et Médecine (GRAM), il est auteur de cinq ouvrages parus aux éditions l’Harmattan, Paris : « Fantasme maternel et folie » en 1998, « Un psychanalyste dans le secteur psychiatrique, sur le fil » en 2005, « L’inceste en question, secret et signalement » en 2009 et, en 2013, il a publié dans la collection : « Clinique psychanalytique et Institutions », dont il assure la direction chez l’Harmattan Paris, « Période d’adolescence, Tome I, L’ère de famille » et « Période d’adolescence, Tome II, Figures de souffrance ».